Pour lutter contre les déserts médicaux, l’État et les collectivités mobilisent plusieurs dispositifs d’aide à l’installation dans les zones identifiées comme sous-dotées. Voici les principaux mécanismes en vigueur en 2026.
Les ZFRR (zones France ruralités revitalisation)
Le dispositif ZFRR a remplacé les anciennes ZRR (zones de revitalisation rurale) le 1erjuillet 2024. Les médecins qui y créent une activité peuvent bénéficier d’une exonération d’impôt sur les bénéficesdégressive sur plusieurs années, et, selon les délibérations locales, d’une exonération de CFE. Les modalités exactes (taux, durée) sont fixées par le dispositif et les collectivités : economie.gouv.fr.
Le zonage est consultable sur le site de l’ARS de votre région. Attention : l’éligibilité s’apprécie à la date de création de l’activité.
Le CESP (Contrat d’Engagement de Service Public)
Le CESP s’adresse aux étudiants en médecine (à partir de la 2e année). Il consiste en une allocation mensuelle brute de 1 200 €en échange d’un engagement d’exercice en zone sous-dotée pendant une durée équivalente à celle de la perception de l’allocation (minimum 2 ans). Source : sante.gouv.fr.
Les aides conventionnelles de l’Assurance Maladie
Le CAIM (contrat d’aide à l’installation des médecins) et les contrats associés (COSCOM, COTRAM, CSTM) ont fermé à l’adhésion le 31 décembre 2025. Depuis le 1erjanvier 2026, la convention médicale 2024-2029 leur substitue des aides forfaitaires uniques, versées par votre CPAM dans les trois mois suivant l’installation :
- 10 000 €pour une primo-installation en zone d’intervention prioritaire (ZIP) ;
- 5 000 €pour une primo-installation en zone d’action complémentaire (ZAC) ;
- 3 000 €pour l’ouverture d’un cabinet secondaire en ZIP, à condition qu’il s’agisse d’une implantation nouvelle : reprendre le cabinet d’un confrère n’ouvre pas droit à cette aide.
La logique a changé. L’ancien dispositif versait une aide importante contre un engagement pluriannuel dans la zone. Les nouvelles aides sont ponctuelles et sans engagement de durée, mais elles s’ajoutent aux majorations du forfait médecin traitant prévues pour les médecins installés en ZIP, qui sont, elles, récurrentes.
Si vous avez déjà adhéré au CAIM, votre contrat se poursuit jusqu’à son terme. Pendant cette durée vous ne percevez pas la majoration ZIP du forfait médecin traitant ; elle vous est appliquée automatiquement à l’issue des cinq ans. Les COSCOM et COTRAM en cours se poursuivent également, sauf demande de résiliation de votre part, qui vous fait alors basculer sur la majoration ZIP.
Source : ameli.fr, aides en zone sous-dense rénovées. Les zones ZIP et ZAC sont définies par l’article L. 1434-4 du code de la santé publique et arrêtées par votre ARS.
Les aides des collectivités
Nombre de communes, départements et régions proposent des aides cumulables : mise à disposition gratuite de locaux, prise en charge de l’URSSAF la première année, primes d’équipement, logement de fonction. À négocier directement avec les élus locaux.
Ces dispositifs (exonérations, aide conventionnelle, aides locales) sont en partie cumulables et constituent un levier souvent sous-estimé. Les montants exacts dépendent de la zone, de votre situation et de l’année d’installation : faites le calcul sur votre cas plutôt que sur une moyenne.